Partager sur "Protéger les tout petits : un nouvel engagement en néonatalogie pour réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens"
Le Médipôle Hôpital Mutualiste (MHM) poursuit son engagement en faveur de la santé environnementale.
Après l’obtention du label “Maternité Saine” délivré par HSEN et le lancement de d’une plateforme ludique de prévention contre les perturbateurs endocriniens, le comité de pilotage anti perturbateurs endocriniens (PE)* du MHM a répondu une seconde fois à l’appel à projets lancé par l’ARS Auvergne–Rhône-Alpes.
Ce nouveau projet, sélectionné dans le cadre de la stratégie régionale de l’ARS sur les perturbateurs endocriniens, porte spécifiquement sur un secteur clé : la néonatalogie.
Pourquoi la néonatalogie ?
Les nouveau-nés, et en particulier les prématurés qui sont hospitalisés en néonatalogie pour des périodes plus ou moins longues, constituent une population extrêmement vulnérable. Durant les 1000 premiers jours de vie (de la conception aux 2 ans de l’enfant), les expositions environnementales précoces peuvent avoir des conséquences durables sur la santé et le développement.
Forts de l’expérience acquise en maternité couronnée par l’obtention du label « Maternité Saine », les équipes ont souhaité élargir la démarche à la néonatalogie en cohérence avec une mission fondamentale : soigner sans nuire.

Un audit complet des expositions
Le projet repose sur un audit exhaustif de l’environnement de soins en néonatalogie. L’objectif est d’identifier l’ensemble des produits et matériels auxquels les bébés, leurs parents et les professionnels sont exposés au quotidien : dispositifs médicaux, produits d’hygiène, produits de bionettoyage, équipements, médicaments, etc.
Pour chaque produit, les fiches techniques (FT) et fiches de données de sécurité (FDS) sont analysées afin de repérer la présence potentielle de perturbateurs endocriniens ou de substances indésirables. Lorsque cela est possible, des alternatives plus saines sont recherchées, évaluées et mises en place, dans une logique d’amélioration continue et de sécurité des soins.
Objectif air sain : mesurer pour mieux agir
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Au-delà de l’audit des produits, ce projet innove par une évaluation de la qualité de l’air intérieur, avant et après les changements mis en place. Concrètement, des mesures sont réalisées dans différents espaces de la néonatalogie pour vérifier l’impact des actions engagées. Les polluants mesurés incluent notamment :
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Ces données permettent de mieux comprendre les sources d’exposition et d’évaluer les bénéfices des changements environnementaux sur un service de soins hospitalier.
Un projet collectif et structuré
La démarche s’appuie sur une mobilisation transversale pluridisciplinaire : services de soins (cadre, équipe soignante et pédiatres), pharmacie, biomédical, magasin, bionettoyage, acteurs du bâtiment, recherche clinique, direction, ainsi que des experts externes (HSEN et Medieco).
Le calendrier du projet s’échelonne de mars à décembre 2026, depuis l’inventaire initial des produits jusqu’à la validation et la mise en place des alternatives retenues. Une première synthèse des analyses sera disponible dès la mi‑année, ce qui permettra de lancer un travail collectif pour tester, choisir et déployer les meilleures solutions.

Sensibiliser et accompagner
La réduction des expositions passe aussi par la sensibilisation. C’est pourquoi le comité anti‑PE prévoit la mise en place de différentes actions pour expliquer les enjeux, partager les résultats obtenus et diffuser les bonnes pratiques auprès des équipes.
Les parents auront également un rôle central. Ils pourront participer à des ateliers pratiques, recevoir des conseils simples sous forme de flyers lors des consultations et repartir avec des repères concrets favorables au développement et au bien-être du nouveau-né.
Une conférence animée par le Dr Isabelle Farbos, experte en santé environnementale, viendra compléter ces initiatives afin de diffuser les connaissances et de favoriser une dynamique collective autour de ces enjeux. Elle sera complétée par une conférence du Pr Angel Nadal, professeur de physiologie, spécialiste des perturbateurs endocriniens et de leurs liens avec les maladies métaboliques. Cette intervention mettra en lumière le rôle des microplastiques dans le développement du diabète de type 1 et de type 2.
Une démarche au service de la santé publique
En s’engageant dans ce nouveau projet, le Médipôle Hôpital Mutualiste confirme sa volonté d’être acteur de prévention, au bénéfice des patients, des familles et des professionnels.
La néonatalogie devient ainsi un laboratoire d’actions concrètes, combinant expertise scientifique, engagement des équipes et innovation, avec un objectif clair : offrir aux nouveau-nés un environnement de soins toujours plus sûr et plus sain.
* comité composé de Dr Julie Beauvy, endocrinologue, Dr Leyre Martinez, gynécologue obstétricien, Dr Irène Pandraud-Riguet et Dr Laetitia Paradisi-Prieur, pharmaciennes

