La dénutrition est un état de santé qui résulte d’une insuffisance d’apports alimentaires entrainant une perte pondérale et de multiples complications : perte d’autonomie, immunodépression, troubles de la cicatrisation, perturbations métaboliques ou neurologiques.

En Europe, la dénutrition concerne 8 à 10 % de la population globale. C’est toutefois en institution que sa prévalence est la plus forte, estimée entre 15 et 40 % des personnes en EPHAD et maisons de retraites et 30 à 70 % dans les hôpitaux et cliniques.

Les facteurs de risque de dénutrition sont l’âge, les poly-médications, les cancers ou les maladies chroniques (rénales, pulmonaires, cardiaques, intestinales). Dans le contexte oncologique, la localisation de la tumeur influence également la prise alimentaire et est donc de nature à favoriser cette dénutrition dont la fréquence varie en moyenne entre 8 % pour un cancer du sein et plus de 80 % pour un cancer des voies aériennes et digestives.

Cet état de fragilité entraine des répercussions clairement établies et chiffrées par les études. En hospitalisation, la dénutrition double voir triple le risque infectieux, la durée et le coût d’un séjour. A domicile, sa conséquence la plus concrète sera la baisse de l’autonomie et le risque de grabatisation.

Un regard averti et éclairé, des professionnels de santé comme du grand public, sur cet état de santé est nécessaire pour un dépistage le plus précoce et le plus large possible, pour mettre en œuvre des soins nutritionnels adaptés.

Jérémy HERMANN – Diététicien-Nutritionniste Médipôle Hôpital Mutualiste